Contribution des professeurs du lycée Jean Monnet de Franconville 95 Val d'Oise (22 professeurs)

Les collègues de langues vivantes se sont réunis pour débattre du projet de programme pour la classe de seconde.


Nous nous sommes d’abord interrogés sur le "groupe   d’experts" : qui sont-ils, nommés par qui ? Nous avons remarqué que c’est la première fois (à notre connaissance) qu’une consultation des enseignants de langues vivantes est lancée, ce qui nous parait positif ; mais certains se sont demandés dans quelle mesure il sera tenu compte des observations et suggestions, si la consultation n’est pas un alibi pour faire accepter un programme déjà fixé (certains manuels publiés en juin 2001 présentent des ressemblances troublantes avec le programme soumis à consultation).

Nous souhaitons donc qu’un compte rendu soit fait à l’issue de la consultation par le "groupe d’experts".

Nous avons remarqué qu’il n’est pas fait mention des effectifs trop lourds la plupart du temps dans nos classes, ni de la diminution des horaires d’enseignement qui font qu’il est difficile d’atteindre des objectifs raisonnables.

Les orientations (Préambule I) ne nous semblent pas très différentes de ce que nous pratiquons déjà. Il nous semble que l’accent mis sur l’oral serait plus crédible si un nombre d’élèves maximum était établi pour un cours de langue.

Il faudrait aussi tenir compte de ce que les modules ou demi-groupes ne jouent souvent pas leur rôle ; les élèves sont souvent pré-déterminés dans ces groupes par des impératifs d’emploi du temps (pendant qu’un groupe est en langue vivante, l’autre est en SVT ou mathématique, etc). Les assistants de langue sont en nombre insuffisant pour assurer l’ensemble des heures de conversation en classe de seconde, et leur service d’octobre à fin avril, ne couvre pas toute l’année.

L’accent est mis sur l’autonomie des élèves : c’est important mais ne se décrète pas. Ne serait-ce pas une façon de faire faire par les élèves seuls ce qui ne peut plus être fait de façon encadrée par les professeurs, à cause de la réduction des horaires ?

Le préambule devrait aussi insister sur la diversité des langues, nécessaire à la formation intellectuelle (et pourquoi pas professionnelle) des élèves.

Lexique et grammaire

Les objectifs sont identiques en LV1 et LV 2 mais l’horaire est différent. N’est-ce pas paradoxal ?

Contenu culturel

N’y a-t-il pas un risque de répétition et lassitude à choisir une thématique commune aux langues vivantes, qui nous semble recouper la thématique de l’ECJS et celle des TPE en Première ? Les élèves n’auront-ils pas l’impression de faire toujours la même chose (même si la lecture des propositions par langue montre qu’il y possibilité de varier à l’intérieur d’un même thème). Cette convergence nous semble cependant positive mais exigera sans doute une concertation que nous n’avons déjà pas les moyens de mener .

Annexes

Interdisciplinarité

Elle n’est pas nouvelle, beaucoup de collègues la pratiquent déjà de façon ponctuelle. Mais là encore, des heures de concertation seraient nécessaires.

Les TICE sont des moyens peu ou mal exploités par les enseignants de langue : problèmes de formation des professeurs, d’équipements insuffisants, de maintenance, de coût des logiciels...

Il nous semble très dangereux de laisser croire que les élèves trouveront des solutions à leurs difficultés d’apprentissage par les TICE. Ils doivent être pour nous un complément au cours, un moyen supplémentaire mais ne peuvent remplacer les apprentissages.