Les
nouveaux programmes de langue vivante des lycées
Année 2003 - 2004, classes de Terminale
C'est reparti pour la consultation ! !
En ligne sur le site de Eduscol depuis début mars 2004, il semble bien, si l'on en juge par la participation zéro au forum d'Eduscol (au 1er avril 2004), que la consultation des projets ne suscite plus les enthousiasmes. Il faut dire que le Ministère a tenu grand compte des remarques faites les années précédentes sur les projets antérieurs ! ! Comme d'habitude il a beaucoup écouté, consulté... et continuer à faire à sa guise !
Une nouveauté : pour participer au Forum il faut s'inscrire, puis se connecter avec un identifiant et un mot de passe. Les messages sont, à partir de cette année,... modérés. Un bien joli mot qui pourrait s'avérer avoir un arrière-goût de censure...
Consultation, piège à...
Mais ne vous privez pas du plaisir de prendre connaissance de ces chefs-d'oeuvre impérissables, nés de nos plus brillants cerveaux éducatifs ! Si ces programmes ont la vie aussi longue que les précédents (1985), que les nouveaux collègues sachent qu'ils en prennent pour 20 ans ! Bon courage ! !
Le cadre général (*.pdf, 300 Ko) >>>>>
le projet pour l'espagnol (*.pdf, 216Ko) >>>>>
Pour envoyer une contribution et la rendre publique sur La Page : mailto:prof@prof-despagnol.com?SUBJECT=Contribution nouveaux programmes
Le message du Webmestre de La Page placé sur Eduscol :
Envoyé le: 06 Avr 2004 12:25
Sujet du message: Contribution : pour quoi faire ?--------------------------------------------------------------------------------
Un constat : depuis la publication il y a plus d’un mois du projet de programme pour les classes terminales, les contributions ne se bousculent pas au portillon du Forum ! Pas plus d’ailleurs que l’administration (IPR sous la direction des Recteurs d’académie) ne se précipite pour engager la consultation locale. A ce jour (Académie de Besançon, c’est le silence radio absolu).De la participation au Forum, j’en tirerai une conclusion : si les collègues ne participent plus c’est qu’ils ont la très nette impression que cette consultation n’a été jusqu’à maintenant qu’un marché de dupes. La lecture comparée attentive des projets et des textes finaux montre que les remarques exprimées n’ont pas été prises en compte et qu’il apparaît donc clairement que la consultation ne sert à rien.
Ce que doivent avoir également compris les Recteurs et les IPR. A quoi bon dépenser énergie et paperasse puisque tout le monde sait que tout est définitivement bouclé d’avance…Le virage à 180° effectué entre les textes de seconde et ceux de première (oral/écrit) a été une telle aberration que tout le monde y a perdu son latin ! Il est vrai qu’entre temps le ministère nous a offert un beau ballet (nous en sommes au 4è ministre depuis la « Réforme ») et que Bercy n’a sans doute pas vu d’un bon œil la priorité donnée à l’oral et à la comunication qui ne pouvait que déboucher sur une remise en cause des conditions horaires d’enseignement, de la constitution des classes et du type d’évaluation aux différents baccalauréats. Circulez, il n’y a plus rien à voir…
Rien d’étonnant donc à ce que la dernière enquête dont les médias se sont faits l’écho, montre la régression de nos élèves dans la domination d’une ou plusieurs langues et place notre pays parmi les cancres de l’Union européenne en termes d’efficacité d’apprentissage des langues. Il y a loin des discours officiels à la réalité ! On nous avait promis des miracles suite à l’introduction des LV au primaire (enseignement précoce), ce qui justifiait par anticipation la réduction des heures d’enseignement au lycée ! Presque 10 après, c’est un constat de régression qui s’impose… ô la belle politique ! !
Alors dans ces circontances, la consultation « on s’en fout »… Que ce soit en première ou en terminale, les programmes proposés sont quasiment infaisables dans le volume d’heures d’enseignement imparti, quand ils ne sont pas totalement inintéressants et réduits à une bouillie informe et informelle de thèmes qui n’offrent plus aucun repère d’aucune sorte (chronologique, géographique…) contribuant à introduire nos élèves dans un univers confus où l’on situe sur un même plan Covadonga et Machu Picchu, le krausisme (si si…) et l’architecture arabo-musulmane… On pourrait aussi s’amuser de cette malheureuse affirmation (c’était avant la guerre d’Irak) : « Le professeur présentera les éléments constituant cette réalité. Il rappellera à cette occasion le caractère pacifique des États espagnol et hispano-américain et leur contribution à la paix mondiale et à l’entente cordiale entre les peuples. » (page 2).
Chers experts, faites donc vos programmes, nous, nous continuerons à faire cours, dans des conditions toujours plus difficiles, avec un nombre d’heures réduit, et des classes qui, elles, ne le sont pas, au contraire (rationnalisation des moyens dans chaque bassin = encore plus d’élèves dans les classes, regroupements d’options, suppression de certaines d’entre elles, etc.).
Dans ces circonstances vos programmes deviendraient quasiment anecdotiques et nous feraient presque rire… de dépit. Mais s’ils connaissent la même fortune que les précédents (1985)… nous en prenons pour vingt ans et cette perspective là ne nous fait plus rire.Patrick Fourneret, agrégé d’espagnol, lycée Louis Pasteur, 25000 Besançon
Année 2002 - 2003, classes de 1ère
Contribution Patrick Fourneret, Lycée Pasteur Besançon (25000) >>>>>
Sur une seule page, une sélection de contributions du forum de Eduscol >>>>>
Comme l'an dernier, vous pouvez faire part de vos remarques et envoyer vos contributions, personnelles ou collectives. Elles seront mises en ligne dès réception.
Année 2001 - 2002, classe de 2nde
Composition du Groupe d'experts
Contribution envoyée à Eduscol le 02 03 2002
Lettre adressée aux recteur / IPR-IA
En réponse à notre lettre ?
Une position syndicale, celle du SNES, groupe langues vivantes
Une contribution du lycée de RodezCe qu'Eduscol n'a pas mis en ligne. Censure ? Aucune contribution après le 8 avril...
Prendre connaissance de différentes synthèses :
Lycée Carnot, 21000 Dijon (espagnol) >>>>>>
Lycée Pasteur, 25000 Besançon (groupe langues) >>>>>>
Lycée Pasteur, 25000 Besançon (espagnol) >>>>>>
Lycée Jean Monnet, 95000 Franconville (groupe langues) >>>>>>
Et bien ça y est !... les nouveaux programmes sont arrivés ! Ils sont disponibles à cette URL : http://www.education.gouv.fr/bo/2002/hs7/default.htm mais aussi sur La Page au format *.pdf, et vous pouvez les télécharger directement : >>>>>>> (71 Ko).
Quelles sont vos réactions ces nouveaux textes ? Vous pouvez nous envoyer un courrier qui sera mis en ligne sur le site :
Dernière minute : la fin de la consultation serait reportée au 15 avril. Information syndicale...
Les projets de nouveaux programmes de langues vivantes pour la classe de seconde sont soumis à consultation. Ils ont été mis en ligne sur le site du ministère Eduscol le 24 janvier 2002 à l'adresse suivante : http://www.eduscol.education.fr/D0014/default.htm
Participer en ligne à la consultation : http://www.eduscol.education.fr/D0014/r_forum.htm
Si vous n'en avez pas encore pris connaissance, vous pouvez télécharger le projet rédigé par le groupe d'experts d'espagnol au format *.pdf (nécessite AcrobatReader) directement depuis le site de La Page (94 Ko) : télécharger !
En principe la consultation doit durer 3 mois à compter de la date à laquelle ce projet a été porté à la connaissance des enseignants, ce qui en toute logique devrait conduire au 25 avril 2002. Il est évident qu'une majorité de collègues n'en auront pris connaissance que plus tardivement.
Cette page vous est ouverte si vous souhaitez faire connaître aux collègues d'espagnol les contributions que vous allez (ou que vous avez déjà) fait parvenir au ministère, que ce soit à titre individuel ou à titre collectif.
Vous pouvez faire parvenir vos contributions au format *.rtf. Vous n'oublierez pas d'indiquer l'origine de la contribution :
contribution collective ou individuelle, lycée x, académie y, compte-rendu rédigé par..., etc. Elles seront mises en ligne sur cette page. Tout envoi de compte-rendu vaut acceptation de diffusion publique sur le site.Pour envoyer une contribution : mailto:emilio@prof-despagnol.com?SUBJECT=Contribution nouveaux programmes
Le Groupe d'experts nommé par le ministre :
http://www.eduscol.education.fr/D0014/LLP14GD01.htmSous-groupe "Espagnol"
Président
Paul BRENNAN professeur des universités, Université Paris III
Responsable
Denis RODRIGUES professeur des universités, Université Rennes II
Membres
Eva ROUDAUT professeure, Université Rennes II
Jeannine GUINDOS professeure, lycée de l'Edit de Roussillon, Roussillon
Jocelyne LEBRAS professeure, lycée Emmanuel Mounier, Angers
Roselyne SALVARREY professeure, lycée Alain, Le Vésinet
Georges SEPTOURS inspecteur général de l'éducation nationaleLe groupe d'experts sur les programmes de langues vivantes :
Groupe de coordination :
Président
Paul BRENNAN professeur des universités, Université Paris III
Membres
Geneviève GIRARD professeure des universités, université Paris III
Geneviève ZARATE professeure des universités, INALCO, Paris
Maurice AIGOIN professeur, lycée Saint-Exupéry, Saint Dizier
Jean BOUTIN professeur, lycée Florent Schmitt, Saint Cloud
Bruno LEVALLOIS inspecteur général de l'éducation nationale
Jean SALLES-LOUSTAU inspecteur général de l'éducation nationale
Contribution ennvoyée à Eduscol le 02 03 2002
1ère remarque : la rubrique "Langues vivantes" n'existe même pas dans le menu déroulant des disciplines ! ! ! !
Plus d'un mois après la mise en ligne des projets, la consultation ne se fait pas ou se fait dansdes conditions inacceptables :les recteurs n'ont pas diffusé l'information de la mise en ligne ;
les IPR/IA, lorsqu'ils consultent, réduisent semble-t-il, cette consultation à quelques établissements par académie
au mépris des textes du BO n° 37 de l'année 2000 ;
les chefs d'établissements ne fournissent pas de copie papier des projets ;
des plages de consultation disciplinaires ne sont pas prévues, encore moins interdisciplinaires alors que la nature même des projets l'impose ;
le délai de réflexion, lorsqu'il existe, est extrêmement court et ne respecte pas les trois mois suggérés par le BO cité, alors même que la mise en ligne le 24 janvier est loin d'avoir signifié que tous les collègues ont eu connaissance des projets dès cette date sans compter que toutes les zones ont été en vacances en février !...
On se moque de nous ! Ces procédés sont indignes !Sur le fond une seule remarque pour commencer :
Ces projets sont ambitieux, dont acte. Ils mettent tous en avant le nécessaire recadrage en direction d'une langue orale et de communication active. Cet objectif est en complète contradiction avec les textes parus l'an dernier concernant les "nouvelles" épreuves du baccalauréat général, exclusivement centrées sur l'écrit, sauf pour les options "langue de spécialité".
Plus grave : la réduction massive des horaires de langue des lycées introduite par la réforme qui n'a fait qu'aggraver les conditions de travail des enseignants comme des élèves ne permet pas, matériellement, de s'engager dans la voie proposée par les projets. Les contradictions sont flagrantes.P. Fourneret, professeur d'espagnol au lycée Pasteur
4 rue du lycée 25000 BesançonPS : Où peut-on lire les messages placés sur ce forum ?... pour l'instant je n'accède à aucun, si tant est qu'il y en ait.
Lettre adressée aux recteur / IPR-IA par les enseignants de LV du lycée Pasteur, Besançon
Professeurs de langues vivantes
Lycée Louis Pasteur
25000 BesançonBesançon, le 25 02 2002
à Madame le Recteur
à Mesdames et Messieurs les IPR/IA de langues vivantes
s/c de Monsieur le Proviseur du Lycée Pasteur
BesançonObjet : nouveaux programmes de langues vivantes des classes de seconde
Les nouveaux programmes cités en objet ont été mis en ligne pour consultation nationale par le Ministère sur le site Eduscol le 25 janvier dernier. L'existence de ces textes n'est connue que d'un petit nombre d'enseignants puisqu'ils n'ont fait à ce jour l'objet d'aucune information individuelle de l'ensemble des collègues de langue, par le biais des IPR/IA en particulier.Or, comme le signale le BO n° 27 de l'année 2000, une consultation doit être organisée afin de :
" - recueillir des avis, réactions ou suggestions sur le projet élaboré par le groupe technique disciplinaire ;
" - recueillir des avis sur l'opportunité et le contenu éventuel d'actions et de documents d'accompagnement ;
" - recueillir des avis sur les modalités d'évaluation des élèves dans la discipline concernée.
" Le recueil de tels avis sera organisé sous votre autorité [Recteur d'académie] par les inspecteurs d'académie- inspecteurs pédagogiques régionaux de votre académie selon des modalités, spécifiques à chaque discipline, qu'il leur revient de vous proposer en faisant en sorte que la consultation soit la plus large possible et qu'elle encourage la réflexion collective au sein des équipes pédagogiques.
" Il vous est par ailleurs recommandé d'encourager les réflexions communes entre établissements, notamment à l'échelle des bassins de formation.
" Il est souhaitable que la consultation s'opère en temps suffisant pour permettre une vraie réflexion collective, mais limité de sorte que de tels apports puissent être exploités rapidement et efficacement par les GTD, par le CNP et par mes services ainsi que par l'inspection générale de l'éducation nationale dans son rôle d'expertise et d'évaluation.
" À cet égard une durée de l'ordre de trois mois paraît raisonnable, à la fois quant à la qualité du débat recherché et quant au rythme de travail souhaitable des GTD.
" Vous voudrez donc bien faire en sorte de me transmettre une synthèse académique au plus tard trois mois après que la diffusion du projet de programme aura été faite auprès des enseignants. " (Fin de citation)Nous nous étonnons donc qu'un mois après la publication de ces nouveaux programmes, et à notre connaissance, aucune consultation ne soit à ce jour mise en place dans l'académie de Besançon. Nous demandons en conséquence :
- que les collègues de langue soient informés dans leur ensemble et de toute urgence de l'existence de ces textes mis en consultation ;
- que cette consultation soit mise en place dans les meilleurs délais et dans les meilleures conditions, dans le cadre indiqué par le BO n° 27 cité plus haut.Les professeurs de langue soussignés :
En réponse à notre lettre ?
Le vendredi 8 mars, le chef d'établissement transmettait aux profs coordonnateurs de langue une lettre des IPR/IA de l'académie nous informant de la mise en place de la consultation (lettre datée du... 21 février soit 4 jours avant la nôtre mais qui aura mis... 15 jours pour nous parvenir. Vous avez dit bizarre ? La consultation est enfin lancée dans l'académie, un mois et demi après la mise en ligne des textes sur Internet...
Avec cette lettre nous recevions, par langue, un exemplaire papier du projet ainsi qu'un questionnaire type à compléter pour le 20 mars.
A notre demande Monsieur le Proviseur a accordé 2 heures banalisées pour tous les profs de langue du lycée le jeudi 14 mars pour procéder à une réflexion commune sur les textes proposés.A titre d'information, vous pouvez télécharger le questionnaire. Nécessite Acrobat, format *.pdf (32 Ko)
Une position syndicale, celle du SNES, groupe langues vivantes
Document publié dans le dernier magazine de l'US. Télécharger le document au format *.pdf (15 Ko). Nécessite Acrobat.
Une contribution du lycée Alexis Monteil de Rodez
"L'équipe de professeurs de Langues Vivantes du Lycée Alexis Monteil, à Rodez (12), constate que l'horaire actuel de 2 heures hebdomadaires ne permet en aucun cas d'atteindre les objectifs justement ambitieux fixés par les programmes envisagés.
Ceci ne peut qu'entraîner des dérives au moment des évaluations terminales (notation trop généreuse).
Comme préalable à toute réflexion globale, nous demandons expressément le rétablissement de l'horaire correspondant aux objectifs à atteindre (3 heures hebdomadaires)."
L'équipe de professeurs de Langues Vivantes (espagnol, allemand, anglais, occitan) du Lycée Alexis Monteil. Rodez."
Ce qu'Eduscol n'a pas mis en ligne
Délit d'initiés ?
Nous sommes un certain nombre à nous étonner des coïncidences qui existent entre le contenu culturel tel qu'il est défini dans le préambule commun aux programmes de langues vivantes (chapitre III) et la table des matières ainsi que le contenu de certains manuels scolaires de langue espagnole (classe de seconde) publiés dès la fin du mois de janvier 2001.
Voici la table des matières d'un ouvrage que chacun reconnaîtra sans difficultés :
Vivir en la ciudad (vivre en ville) ; Sociedad y cultura (Société et culture) ; Ciudades y memoria (Villes et mémoire). Comparons avec les indications données par les avant-programmes : 1. Un cadre général : " Vivre ensemble en société " ; 2. Quatre axes thématiques : " la mémoire, les échanges, le lien social les productions culturelles " ; 3. Un exemple d'approche à l'étude de la culture : " la ville ".Si on approfondit le détail de cette table des matières, on y trouve également des sous-chapitres Convivir (" Vivre ensemble "), Ciudades y hombres, " Des villes et des hommes " ; ou encore " Vivre à Madrid " , " Les relations humaines ", " Vie sociale et voisinage ", " Citoyenneté et vie politique ", etc.
Alors : télépathie ?, capacités géniales d'anticipation ? A vrai dire nous avons du mal à croire au hasard.L'élaboration de ces avant-projets, dont la publication a été sans cesse retardée, devait se faire dans un certain " secret ", à ce qu'on dit. Pour certains il semble bien que ça ait été un secret de Polichinelle !
En Bourse, cela s'appelle " Délit d'initiés " et la commission de contrôle diligente alors une enquête. Dans l'Éducation nationale que se passe-t-il ? Rien, on s'en doute. Il y a eu des précédents pourtant, lorsque les Inspecteurs Généraux avaient la main mise sur la rédaction des programmes et des manuels scolaires, certains ne se sont pas privés de livrer des ouvrages qui correspondaient aux programmes qui allaient être publiés quelques mois plus tard. On pensait ces pratiques révolues, elles ne le sont pas semble-t-il.
Il y a en tous cas une forte présomption de faute qui suffit à déconsidérer le (ou les) groupe(s) d'experts. Une solution d'honneur pourrait bien consister à démissionner. Ce serait la première et la moindre des choses à faire.
Patrick Fourneret
Irons-nous tous en prison ?
Aucun doute dans la mesure où nous sommes dans l'illégalité au moins dans 90% des cas lorsque nous travaillons en classe avec nos élèves sur des émissions radiophoniques ou télévisées, des films, etc. Et qui nous "pousse au crime" ? Le ministère lui-même, dans ses programmes comme dans ses instructions pédagogiques.
Le "Préambule commun aux programmes de langues vivantes de la classe de seconde générale et technologique" affirme ce que disaient déjà les instructions antérieures, qu'il s'agisse du collège ou du lycée. Je cite : "l'élève devra parvenir à un niveau lui permettant de [...] comprendre l'essentiel de messages oraux élaborés (notamment : débats, exposés, émissions radiophoniques ou télévisées, films de fiction ou documentaires".
Il suffit de consulter n'importe quelle documentation sur le sujet : nous sommes dans l'illégalité la plus complète en utilisant ces médias s'ils ne font pas partie intégrante de supports pour lesquels les autorisations et/ou droits de diffusion publique ont été acquis (ce qui est le cas, très restrictif, du matériel proposé par les éditeurs scolaires comme les K7 vidéo par exemple).Le site Legamedia <http://www.legamedia.education.fr/> devrait faire partie des favoris des enseignants, car il répond de façon extrêmement détaillée à toutes les questions qu'ils se posent. Exemple :
Question : L'enseignant peut-il projeter un film à ses élèves à partir d'une cassette vidéo achetée ou louée ?
Réponse : "L'achat, comme la location d'une cassette vidéo, auprès d'un organisme privé n'autorise la représentation de l'oeuvre que dans le cadre restreint du cercle de famille. Le cercle d'élèves ou d'étudiants dépasse largement celui du cercle de famille. Attention la loi et les tribunaux ont une conception très restrictive du cercle de famille.
Cette diffusion doit donc être autorisée par le titulaire de droits sur cette oeuvre, le producteur de l'oeuvre audiovisuelle et éventuellement par les auteurs des musiques lorsqu'ils n'ont pas cédé leurs droits au producteur."
Il en est de même pour tous les programmes télévisés, qu'ils soient diffusés en direct (certaines tolérances dans ce cas) ou en "différé", c'est à dire enregistrés par le professeur puis diffusés ensuite à la classe.
Bref, plus nous sommes incités officiellement à faire usage d'une grande variété de supports et de technologies diverses, et moins la loi nous autorise à nous en servir ! Joli paradoxe ! (un de plus...) Car lorsque nous travaillons sur une séquence et/ou un film, non seulement nous n'en tirons aucun bénéfice d'exploitation, mais nous formons, modestement certes, le goût de nos élèves pour le cinéma et la culture qu'il incarne.Quelles solutions ?
- Il faudrait qu'au plan européen le législateur se décide enfin à considérer que "la classe" peut-être assimilée au "cercle de famille".
- Depuis quelques années le Ministère de l'Education a mis en place avec le Centre français du droit de copie, un système qui permet d'autoriser les photocopies, tout en rémunérant les auteurs (vous avez tous reçu la brochure et ses chiffres impressionnants en novembre 2001 : 10 milliards de pages d'oeuvres protégées ont été photocopiées en France en 2000... Pourquoi un système semblable ne viendrait-il pas légaliser des pratiques qui font partie intégrante de la pédagogie des langues vivantes ?
- Ou alors, que les distributeurs mettent en place un système de double prix : un prix pour le cercle de famille ; un pour l'usage éducatif.
Patrick Fourneret